[TEST] Doom, le retour de la légende ?

En 1993, id Software a révolutionné le monde du jeu vidéo en lançant Doom. Considéré comme un pionner du jeu en trois dimensions, et comme le père de tous les FPS (les jeux de tirs à la première personne), le titre a su faire entrer son nom dans la légende. Au fil du temps, la saga a malheureusement perdu de sa superbe et de son prestige. Le troisième épisode, bien que très bon, n’ayant pas totalement convaincu les joueurs en délaissant le côté frénétique des affrontements pour un aspect davantage tourné vers le survival horror. Aujourd’hui, id Software s’offre un reboot pour sa série. Avec quelle réussite ?

La boucherie old school

Dès les premières minutes du jeu, le ton est donné, et on comprend très rapidement que l’on abandonne totalement le style du troisième épisode pour s’orienter vers un véritable retour aux sources. Notre bon vieux Doomguy se réveille sur une table d’opération, récupère instantanément un flingue pour dégommer le crâne des monstres qui traînent dans les parages, avant d’enfiler sa super armure Predator faisant de lui un super soldat. Puis, dans la foulée, alors qu’un écran de contrôle met en place un semblant de scénario, il fracasse le tout d’un coup de poing, comme pour dire qu’on n’était pas là pour s’emmerder avec une histoire.

Plus que jamais, Doom se présente comme un énorme défouloir. On se déplace très rapidement, à la manière des fast-FPS de la belle époque, on enchaîne des ennemis à la chaîne à coups de fusil à pompe, le tout sur fond de musique très heavy metal. Mieux, le jeu introduit le concept des « Glory Kills » : après avoir quelque peu amoché un ennemi, celui-ci clignote, comme un signal pour indiquer qu’il est prêt à subir notre courroux final. D’une pression sur la touche de combat au corps à corps, notre personnage envoie un finishing move aussi classieux que gore, éclatant des têtes, démembrant des corps.

Mission to mars

Ce Doom est une ode au vintage, avec tous les avantages et inconvénients que cela peut impliquer. Pour les points positifs, il faut bien reconnaître que retrouver les sensations originelles de la saga confère une petite touche de nostalgie toujours plaisante. Un aller-retour 23 ans en arrière, façon madeleine de Proust qui tient un shotgun. Malheureusement, tout n’est pas tout rose. Premièrement, il semble difficilement concevable aujourd’hui de se retrouver dans un soft qui ne propose pas plus de scénario que « cette nana là-bas veut ouvrir la porte de l’Enfer, tue-la avant que ça n’arrive ». Un peu plus de profondeur n’aurait sans doute pas été de trop, sans tomber dans des choses trop complexes non plus.

A côté de cela, on a l’ambiance graphique du titre. Techniquement, le jeu est une merveille, et les développeurs ont fait des prouesses avec cette nouvelle version de leur moteur id Tech. On se retrouve une fois encore avec un mélange de métal et de choses organiques, qui a fait le succès de la saga. Mais là encore, ce qui faisait recette à l’époque aurait sans doute eu besoin d’un coup de peinture pour rafraîchir le tout. Ainsi, le titre ne nous fera voir que trois environnements différents : la base de l’UAC, la surface de Mars et l’Enfer. Si le rendu de chacun est impeccable, on aurait aimé pouvoir découvrir quelques nouveautés durant la dizaine d’heures nécessaire à boucler l’aventure.

En plus de la campagne solo, Doom propose bien évidemment un mode multijoueur en ligne. Après tout, il est également considéré comme le père de tous les shoots multijoueurs, il ne pouvait donc en être autrement. Rien de particulier à signaler ici, avec des modes de jeux très classiques, des maps correctes sans être transcendantes et un gameplay qui reste fidèle à celui du mode solo. On a apprécié en revanche le mode SnapMap, qui propose de créer et personnaliser ses cartes. Vraiment bien foutu et facile d’accès, de quoi créer et fédérer une communauté solide.

Le retour sur le devant de la scène de Doom est une réussite, vous l’aurez compris. Les développeurs réussissent un très bon reboot, qui conserve tout ce qui a fait le succès de l’épisode originel. On aurait toutefois apprécié qu’ils lient tout ça à un peu plus de modernité et d’originalité. En l’état, on se retrouve avec une version HD du titre de 93 – en abusant légèrement – qui reste en décalage avec les standards de 2016 sur bien des aspects. On passe quoi qu’il en soit un excellent moment, seul ou à plusieurs. 

Doom

49,99 €
Doom
7.1

Scénario

5.0/10

Réalisation

8.0/10

Bande son

8.0/10

Gameplay

7.5/10

Fun

7.0/10

Les +

  • Le retour d'une légende
  • Le côté brutal et défouloir
  • Les Glory Kills jouissifs
  • Le mode SnapMap

Les -

  • Des environnements classiques
  • Le scénario trop limité
  • Très répétitif

Taboulé

Créateur et rédacteur en chef du site.

Laisser un commentaire